Histoire

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Philippe F Devaux nous a quittés

Le professeur Philippe F. DEVAUX s’est éteint le 1 décembre 2015 à l’âge de 76 ans des suites d’une longue maladie.

Le Groupe d'Etude des Membranes et la Société Française de Biophysique viennent de perdre l’un des ses piliers ainsi que l’un de ses anciens présidents.  Toute la biophysique française et les spécialistes des membranes rendent hommage à l’homme de science et au grand professeur qu’il a été.

Philippe Devaux a commencé sa carrière scientifique en 1969 par une thèse en physique réalisée au Laboratoire de Physique des Solides de l’Ecole Normale Supérieure sous la direction de P. Aigrain et M. Schott. Il s’intéressait alors aux propriétés électroniques des monocristaux.

Un séjour de deux ans à l’université de Stanford chez le Pr. H.M. McConnell le fait basculer dans le monde de la biophysique des lipides membranaires. Il est le premier à mesurer à l’aide  de la résonance paramagnétique électronique (RPE) la diffusion latérale des lipides dans des vésicules phospholipidiques et dans les membranes biologiques : il met ainsi à jour ce processus très rapide dans le plan de la membrane se produisant à l’échelle de la microseconde. Ses articles séminaux dans le domaine sont cités près de 400 fois.

Prof Philippe F Devaux

Prof Philippe F Devaux

De retour en France il devient maitre de conférences puis professeur à l’Université Paris VII. Il crée en 1977 un laboratoire associé au CNRS : « Sondes moléculaires dans les Biomembranes » qui deviendra « Biophysique Cellulaire » au sein de l’Institut de Biologie Physicochimique (IBPC). Il y développe le marquage des lipides et des mesures de RPE et de fluorescence en construisant un système original de photo-blanchiment qui permet aussi d’accéder aux mesures de diffusion latérale des lipides et des protéines dans les membranes cellulaires, mais aussi dans des phases d’amphiphiles à symétrie cubique. Ces équipements nouveaux lui permettent de revisiter le modèle statique de l’ « annulus » de lipides autour des protéines membranaires et d’en proposer une version beaucoup plus dynamique. Au début des années 1980 il développe aussi la RMN des solides du Phosphore-31 et du deutérium pour mettre en évidence des changements conformationnels des têtes des phospholipides au contact de protéines membranaires.

Le milieu des années 1980 voit l’arrivée de l’un de ses travaux majeurs sur l’asymétrie membranaire. Il découvre l’existence de transporteurs protéiques des lipides, les flippases, qui maintiennent et régulent cette asymétrie des membranes. Des études très élégantes utilisant des lipides portant des radicaux nitroxides lui permettent de mesurer pour la première fois  la diffusion transverse, de part et d’autre des deux feuillets membranaires, des lipides majeurs de la membrane des érythrocytes. Il accède ainsi à des temps très longs pour ce « flip-flop », de l’ordre de plusieurs heures. Cette découverte fait apparaître la membrane des cellules comme une entité dynamique dans laquelle des mouvements se produisant sur plusieurs décades temporelles sont nécessaires au fonctionnement des processus du vivant. Ses travaux sont cités plus de 600 fois. Il continuera pendant plusieurs années sur cette voie en collaborant avec des collègues d’Oxford, de Louvain et d’Utrecht pour étudier dans le détail les interactions lipides-protéines impliquées dans la plasticité membranaire.

Philippe Devaux a formé bon nombre d’étudiants, A. Brisson, A. Rousselet, J-F. Bureau, M. Seigneuret, J. Davoust, G. Morrot, L. Mathivet, D. Warschawski, E. Farge, X. Buton, M. Traikia. M. Triba, pour n’en citer que quelques uns, qui maintenant participent au développement de la biophysique française et à la science des membranes. Parmi ses nombreuses responsabilités qui ont permis de structurer la biophysique au niveau national et international, on notera, entre autres, qu’il a été président de la Société Française de Biophysique, Trésorier du Comité National de Biophysique (académie des sciences) et membre du comité exécutif de la société Européenne de Biophysique (EBSA) et de l’IUPAB (International Union for Pure and Applied Biophysics). L’académie royale des lettres et des sciences des Pays-Bas lui a décerné le prestigieux prix Descartes-Huygens en 2000.

Sa vie a été consacrée à la science. Pour ceux qui l’on véritablement connu, nous garderons le souvenir d’un ami très exigeant du point de vue scientifique mais aussi doté d’un humour pince sans rire et d’une grande fidélité.

Monsieur Philippe Devaux, nous ne t’oublierons pas.

 

Erick Dufourc et Alain Brisson, Décembre 2015

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Histoire du GEM

La Genèse

Au début étaient les ténèbres. Rien ne transperçait les membranes.

Puis vint Jéminet et son groupe de Clermont-Ferrand, qui synthétisa des dérivés d'ionophores tels que calcimycine, lasalocide, monensine.

Vers 1983, le CNRS, dans sa grande sagesse, créa une RCP (Recherche Coopérative sur Programme) destinée à analyser les effets de ces dérivés sur la perméabilité des membranes, sous la houlette de Georges Jéminet et de Gérard Spach. En 1985, Jacques Bolard et son amphotéricine B se joignit au groupe.

En 1986, la RCP prit fin et ses membres décidèrent de reformuler une demande de RCP. Las! Le CNRS, à ce moment, décida de mettre fin au système des RCP, d'une manière générale.

Les membres de la précédente RCP, forts de la bonne entente constructive régnant entre eux, décidèrent de continuer à coopérer et de former un groupe de recherche. J. Bolard se porta volontaire pour animer ce groupe et proposa d'y adjoindre les collègues de Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Strasbourg. Il fut bien précisé qu’il s’agissait de se focaliser sur le mécanisme d’action des effecteurs membranaires. Un nom fut proposé par Aline Vertut-Croquin : le  GEIMM (Groupe d’Etude des Interactions Molécules Membranes).

Le CNRS accorda sa bénédiction à cette création. Ainsi fût-il !

 

A l’œuvre …

La première Réunion du GEIMM, véritable acte fondateur, se déroula à Paris du 16 au 18 novembre 1987, sous l’égide de J. Bolard. Cette première Réunion, soutenue par l’INSERM, le CNRS et la SFB, se voulait ambitieuse ; elle réunit près de 170 participants, dont de nombreux collègues européens. Il y était recommandé (déjà !) d’y faire les conférences en anglais. Cette ambition internationale ne fut cependant pas pérennisée, malgré quelques tentatives. Les réunions du GEIMM se succédèrent à intervalles plus ou moins réguliers (18 mois environ). Les thèmes abordés au cours de ces réunions évoluèrent progressivement, ainsi la vectorisation fit son apparition dès 1996 mais l’esprit impulsé par J. Bolard et ses collègues demeura intact. Durant la première décennie, l’organisation des Réunions GEIMM reposa entièrement sur les épaules de l’organisateur coopté lors de la réunion précédente. L’expérience (et le succès) aidant, il s’avéra nécessaire d’instituer un “Comité du GEIMM”. Ceci fut décidé, sous l’impulsion de Michèle Saint-Pierre, lors de la 9ème Réunion organisée par les parisiens en septembre 2000 en Ardèche.

Ce comité se réunit pour la première fois à Paris le 31 janvier 2001. Il rassembla l’ensemble des organisateurs (en binôme ou en solo) des précédentes Réunions depuis 1987. Il fût entendu que la présidence du comité échoie à l’organisateur sortant et que le passage de témoin (et donc la responsabilité de la Réunion suivante) se décide lors de l’Assemblée Générale clôturant chaque Réunion. En cas de départ d’un membre, celui-ci pouvait coopter une personne de son choix mais de préférence représentant sa région. Le comité devait se réunir avant et après chaque congrès pour maintenir une cohésion entre les différentes réunions.

Assez tôt, le problème de notre association à la SFB se posa, et ceci des deux cotés. Il est d’ailleurs à noter que plusieurs Réunions (6ème, 10ème et plus récemment 14ème eurent lieu de concert avec le Congrès biannuel de la SFB). Ceci ne se faisait pas sans réticences car certains parmi les membres fondateurs craignaient que le GEIMM n y perde son âme (la phagocytose n’implique-t-elle pas des phénomènes membranaires ?). Une charte fut signée par les représentants des comités du GEIMM et de la SFB le 14 mai 2001, le GEIMM devenant ainsi le premier des groupes thématiques de la SFB.

Au vu des règles administratives devenant de jour en jour plus contraignantes, il s’avéra également nécessaire de donner au GEIMM une existence légale. Cette nécessité se concrétisa par la création d’une association “loi 1901”.  Agnès Girard-Egrot et Erick Dufourc se chargèrent de cette tâche et l’association fût déclarée à la Préfecture du Rhône en septembre 2011. L’association se définit comme une société savante qui a pour but de fédérer, au niveau national, les activités relatives à l’étude des membranes biologiques sous tous leurs aspects. Il fût également décidé à cette occasion de modifier l’intitulé. Le GEIMM devint donc le Groupe d’Etudes des Membranes (GEM), nouveau sigle consacré lors de la 15ème Réunion à Paris début Avril 2012.

 

Jacques BOLARD, Guy DUPORTAIL, Michèle SAINT-PIERRE, 2012.

Prof Jacques Bolard

Prof Jacques Bolard 

 Prof Guy Duportail

Prof Guy Duportail

 Prof Michele Saint Pierre, Paris

Prof Michèle Saint-Pierre

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